Avec Roland Brunner, nous avions entrepris de former ensemble les coachs, et tout professionnel de l’accompagnement, en relation humaine, consultant, manager, RH, psychologue de tout bord, à une approche clinique, psychanalytique, qui prend son temps, qui s’attarde sur les détails, qui va chercher au plus loin derrière ce qui se joue à l’instant, et se rejouera devant. Et le pourquoi du comment. Seule façon de toucher à la singularité de chacun.
Pour y parvenir, quelque chose de cher aux métiers du management, de la communication et de l’accompagnement : les typologies. Porte d’entrée dans la relation, rambarde autour de l’inconnu, pour nombre d’entre nous. Le général, avant le particulier.
En psychanalyse, il s’agit d’identité ou personnalité ou encore style de relation en profondeur. En lien avec la construction psychique qui se produit essentiellement en deux temps, enfance et adolescence, pour concilier la rencontre entre la pulsion pure, de vie, de mort, et sa satisfaction, et l’existence d’une loi, qui suppose son élaboration. L’existence même de la loi est ce qui pose des limites au « moi ». Et pas les règles en soi. Variables, arbitraires, culturelles et au delà.
La structure psychique s’élabore précisément à partir de la façon dont l’individu va se situer par rapport à la Loi. (cf Psychanalyse des passions en entreprise). Il ne s’agit pas de comportements, souvent sociaux, à l’encontre, ou à faveur. Appris, imités, joués.
Les comportements ne sont pas discriminants. Ce qui discrimine est LA question fondamentale, existentielle.
D’un névrosé : Puis-je être ? De compromis en compromis, entre jouissance et interdit, vivre sa vie, et vivre ensemble. Pas à pas. Désir à désir.
D’un pervers ou d’un psychotique : Puis-je jouir ou puis-je exister ? Sans élaboration psychique, la pulsion déborde et tient. Avec toujours un calcul risque – gain pour le pervers, qui connait la loi, et s’en arrange bien. De façon bien plus débridée dans les psychoses, qui ne connaissent ni loi, ni réalité, ni imaginaire, ni symbolique. Tout est réel. Leur vérité.
Et, en formation, sur le cycle déjà expérimenté depuis septembre dernier, une fois tout cela posé, la découverte autour de la table des névroses en présence. Riches. Les typologies ainsi vues ne sont jamais réductrices. Et surtout, la part d’ombre. Les sous-fonds. Car la construction psychique se fait chez le névrosé sur des fondements qui restent entiers. Et reconnaître en chacun de nous ces restes de perversion enfantine, et ce gouffre qui est psychose d’origine, comme un trou noir, en nous resté.
Et la référence à BALINT comme une évidence qui vient. Du moment où nous sommes en relation avec un autre, pour l’autre, il transfère sur nous ses affects, positifs ou négatifs, mais nous aussi nous transférons, inconsciemment, au delà de notre mission, de supérieur, d’accompagnant, et bien au-delà du mot d’ordre, de neutralité et bienveillance, nos propres affects.
C’est Balint qui a ainsi posé la notion de contre-transfert, et, un pas plus loin, la puissance du méta-langage. Parler, non plus de soi, ni ici ni ailleurs, ni jadis ni à l’instant, comme en travail sur soi, mais, tout simplement, du langage qui s’échange là-bas: entre l’accompagné et soi, est une façon simple et pure de s’entendre dans la relation.
Rapporter un cas en supervision relationnelle prend dans le cadre des groupes Balint tout son sens.
C’est pourquoi, à la rentrée de septembre 2012, tous nos groupes autour de Roland Brunner incluront un volet Balint. Un espace-temps où nous ferons le voyage dans l’autre sens. Après les généralités de structure psychique et les bases de l’analyse, nous partirons de vos relations en cours pour en faire l’écoute et vous permettre l’auto-analyse et les ajustements. En supervision didactique, assimiler et appliquer les enseignements.
Comme les groupes Balint, qui n’étaient pas réservés aux psychanalystes, ces groupes Brunner ;-) permettront à tous ceux qui souhaitent prendre soin de l’autre et soi (chez Balint ce furent les médecins vraiment), de bénéficier de la puissance de la psychanalyse, en groupe, et en concentré agissant.
L’invitation part ainsi aux nouveaux, pour les initier, sur deux jours qui combineront formation et supervision les18 septembre et 5 octobre, de 10h à 18h. Tarif 390 euros par journée si prise en charge entreprise. 280 euros à titre individuel.
Et aux déjà initiés pour se joindre à nous la deuxième après-midi, à partir du déjeuner s’ils le souhaitent, le 5 octobre. Tarif 250 euros.
Pour en savoir plus et long sur les groupes Balint un excellent documentaire de 1974 qui reste de grande actualité :
Les groupes Balint hier et aujourd’hui : entretien avec Michel Sapir.
