Dors

Il plonge dans sa nuit comme dans ses failles. Par à-coups. Et il trouve par moments orties blanches et quelque repos. Mais, bien trop souvent, le trou noir et ses yeux absents. Je l’invite, alors, à fermer les yeux, et laisser venir sommeil si profond. Et je dessine, sur lui, tout ce qui me prend.

-Il était une fois un petit garçon de ton même prénom. Il courait les champs. Le souffle coupé, la fuite devant. Alors qu’il se voulait, léger et vagabond. A bout de lui-même, il s’est un jour posé, sur une fleur, un temps. Et, de cette fleur, a pris soin de lui, nuée de papillons. Coccinelles aux pieds, chatouilles un instant. Des ailes ont poussé sur son propre corps. Duvet des oreilles, de chenille un temps, petit à petit, ailes de machaon. Et les demoiselles, patins à roulettes, sous ses pas glissants. Ainsi désormais, il court, il vole, il loope, sur, de vie, les crêtes et, en creux, la mort. Le souffle vivant. Et des fois, il se pose, sur sa fleur, un temps.

Il éclate de rire et il me répond : - Hummmm… Là je dors.

Page d'accueil

Share