Et au fond la colère triomphe

Ce n’est que vaguement que chacun garde en soi cette vieille colère qui l’a fait s’échouer là. Ils sont plutôt joyeux d’être ensemble et de rien. Et ceci bien long temps, qui s’est arrêté.

L’homme tronc, aux mille yeux, balance ses branches à nu sur la fée la plus céleste. Elle rit tout en aigus, et en graves elle ne pleure plus. Aux abords de leurs amours, sirène à double queue – ni jambes ni bras, ni en avant ni reculer-, se prélasse au soleil. A son cou pend la perle ici retrouvée, d’une première plongée. Presque autant que le blanc de ses yeux aguerris, elle luit, et sa gorge guérit. Des chants d’autrui. Janus, lui, à deux faces, enfin se départit. Il pose sur février un paso doble et sûr. Sabots andalous dévisagent l’amour. Envisagent le bout, au bout du bout du bout.

Mer infinie, calme enfin, je ne sais plus, moi, face à eux, si à mes eaux ils se bercent. Ou si lune à l’aplomb, ils m’influencent. Ressac d’insolence.

Mais dès qu’ils disparaissent, chacun dans son antre, de moi, marée inquiète, rend ce qui l’encombre : l’écume d’un songe. Et au fond la colère triomphe.

Page d'accueil

Share