Elle a d’abord été une racine. Tendre, blanche, cristalline. Perce et perce, nourrit famine. Puis se gonfle et éclate en tige.
Elle est devenue une fleur. Du haut de son vertige. Tendue au ciel souvent. Mais qui ferme les yeux et, ses racines, elle sent. Toujours, toujours, crier famine. Percer et percer sans raison.
Il est venu à elle ce garçon. Vert dans le ciel soudain. Tendre gazon, ses yeux. Soigné. De ceux qui restent paysagers. Pas pour les jeux. Ni l’abandon.
Il s’est étendu à ses côtés pourtant. Il entendait, d’elle, le moindre crissement. Frissons un jour d’été. Rosée de pleurs l’hiver venant. Et aussi, un peu, de temps en temps, comme un baiser. Comme… Seulement.
Elle et lui, côte à côte, ils sont. Elle tire toujours. En bas et en haut. Parterre lui, il se répand. Ceux qui les voient ne voient que l’un. L’autre est de trop.
Seuls, la terre à l’à-pic, le ciel à l’aplomb, et bien tout autour, le vaste horizon, savent que, ces deux là, à jamais d’eux ils sont.
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