Formations de l’inconscient pour exister : se suicider

« Ce que Freud nous découvre comme l’au-delà du principe du plaisir, c’est qu’il y a peut-être en effet une aspiration dernière au repos et à la mort éternelle, mais, dans notre expérience, et c’est tout le sens de ma seconde année de séminaire, nous rencontrons le caractère spécifique de la réaction thérapeutique négative sous la forme de cette irrésistible pente au suicide qui se fait reconnaître dans les dernières résistances auxquelles nous avons affaire chez ces sujets plus ou moins caractérisés par le fait d’avoir été des enfants non désirés. A mesure même que s’articule mieux pour eux ce qui doit les faire s’approcher de leur histoire de sujet, ils refusent de plus en plus d’entrer dans le jeu. Ils veulent littéralement en sortir. Ils n’acceptent pas d’être ce qu’ils sont, ils ne veulent pas de cette chaîne signifiante dans laquelle ils n’ont été admis qu’à regret par leur mère.

Ce qui nous apparaît ici à nous, analystes, dans ces cas, est exactement ce qui se retrouve dans les autres, à savoir la présence d’un désir qui s’articule, et qui s’articule non pas seulement comme désir de reconnais­sance, mais comme reconnaissance d’un désir. Le signifiant en est la dimension essentielle. Plus le sujet s’affirme à l’aide du signifiant comme voulant sortir de la chaîne signifiante, et plus il y entre et s’y intègre, plus il devient lui-même un signe de cette chaîne. S’il s’abolit, il est plus signe que jamais. La raison en est simple – c’est précisément à partir du moment où le sujet est mort qu’il devient pour les autres un signe éternel, et les suicidés plus que d’autres. C’est bien pourquoi le suicide a une beauté horrifique qui le fait si terriblement condamner par les hommes, et aussi une beauté contagieuse qui donne lieu à ces épidémies de suicide qui sont tout ce qu’il y a de plus réel dans l’expérience.

Une fois de plus, dans Au-delà du principe du plaisir, Freud met l’accent sur le désir de reconnaissance comme tel, comme faisant le fond de ce  qui fait notre relation au sujet. Et après tout, dans ce que Freud appelle l’au-delà du principe du plaisir, y a-t-il même autre chose que le rapport fondamental du sujet à la chaîne signifiante? »

J. Lacan, Séminaire des Formations de l’inconscient, séance du 12 février 1958

A l’occasion d’un séminaire RH interne au sujet des risques de suicide épidémiologique chez un aimé client, j’ai aimé revenir à cet autre séminaire, et de Lacan.

Il replace l’acte en sa source première de non désiré par l’autre, la mère, et en son symptôme dernier, désir à l’autre imposé, la matrice qu’est l’entreprise. Pour certains. Et puis, en ce risque épidémiologique la simple identification hystérique au désir de l’autre.

Où est le père ? - c’est la question qui me vient.

Transfert négatif à la mère, puis, identification hystérique et à nouveau du féminin. Où serait-il donc enfin le père ? Comment en cette organisation lésée pourrait-il, lui, exister ? Quelle place le lui donner ? Comment ? Au delà de l’Analyse, Coacher…