Indian Summer

Elle a reçu en héritage le prénom d’une pianiste célèbre. Et tout lui était donné : un piano et un maître en herbe. Mais dès qu’elle a voulu en faire métier, impossible de tisser.
Elle a reçu en patrimoine le goût des contrées sauvages, l’élan de civiliser. Mais pour rejoindre les Indes, on lui en a barré, la mer.

Et j’ai aimé le lui poser, ces questions si insolentes, loin de sa demande première :

- Aidez moi à gagner du fric, je suis en France en transit. Brillante, mariée, enfantée, j’aspire à un ailleurs et à meilleur…

Je choisis de ne pas confronter, toute fuite en avant qu’elle est, cette demande familière…

A la place, j’aime – je dis-, demander au roi qui est nu ce qui ne se dirait plus :

- Parlez-moi de votre enfance. Et déjà, aux origines, du choix de votre prénom… Puis vos terres, comme un berceau.

Et elle ne résiste pas un seul instant. Même si je fais exactement, ce qu’on lui a fait sauvagement. Couper, de ses illusions, le tissage d’un son. Barrer la mère et son front.

Et c’est ainsi qu’elle s’entend :

- Jadis j’abandonnai l’Inde, de mon grand-père, britannique, le scénario de vie. Puis, je laissai tomber ma voix, d’opéra, et arabesques de mes doigts. Ils me faisaient voyager trop loin déjà : enfant prodige aux quatre vents devient prodigue une fois. Puis la porte se referme sur soi.

Et depuis, et malgré tout, je n’ai eu de cesse que de vagabonder aux alentours. De ces pistes perdues. Chemins de traverse m’ont emmenée aux Indes, en lieu et place de l’Inde, comme pour Christophe Colomb ce fut.

Ces pays qui caracolent, sur la crête de la croissance, et dans le respect oublié de nous, – le développement durable est mon totem au bout du bout -, sont ceux que je veux habiter. Et vivre et professer. C’est ce que je vous disais. Et là bas ça chante et danse sans avoir à s’en cacher.

C’est ce qu’elle me disait : s’organiser pour y retourner. Oui. Mais comme cela ainsi prend sens, par l’analyse, et du pourquoi et du comme ment, ce ne sera plus comme avant, ni contre ceux que nous aimons…

A suivre… Ce coaching de l’été indien, en partage au fil de l’eau de son reflet