Interdépendant du spectacle vivant

Il a comblé les désirs de ses parents : dire « merci » à la dame, être bon à l’école, choisir une fille convenable, arborer un parcours ascendant, -en entreprise comme dans la vie de tous les jours-, ainsi qu’un beau sourire aussi bien dans le Rapport Annuel que dans les réunions familiales et les rencontres en société.

Il a comblé les désirs de ses enfants : leur apprendre à lacer leurs chaussures, soigner leurs bobos, les surprendre avec les plus beau cadeaux, y jouer avec eux, ne pas être trop sévère sur les notes à l’école, mais exigeant sur leurs ressentis et réflexions. Il a su partager beaux et durs moments.

Il en est heureux. Il a fait beaucoup d’efforts. Y compris chercher à comprendre, ce que personne n’a jamais cherché à comprendre, le concernant. Il a d’abord acheté Psychologies magazine. Puis, s’y est abonné. Puis s’est inscrit à des blogs. Il a suivi quelques formations en entreprise, sur de l’humain le fonctionnement. Quand il a demarré dans le management, il a suivi un parcours interne de 1′Minute Manager, puis a demandé d’autres formations. De fil en aiguille il est devenu Manager Coach. Et c’est peut-être là qu’il s’est enmêlé les pieds au tapis, trop épais, trop feutré, trop voyant… Au plus près des étincelles que provoque, incidemment, de  vouloir joindre les deux bouts entre impuissance assumée et contrôle sine qua non.

Personne n’avait vu venir. Personne n’a vraiment compris. Il est devenu papa en semaines alternées, il est redevenu étudiant, il se forme toujours à ce à quoi enfin il peut croire et qu’il ressent : à lui et aux relations authéntiques, boursier de ses assedic un temps. L’auto-entreprise est devenue son radeau. Il y a planté sa bannière de coach. Des naufragés, il n’a jamais refusé à son bord. Puis, il s’est rapproché des terres, -pourquoi pas aussi-, des « bien-portants », et il leur a vendu du mieux-être et surtout de la conviction, en leur seule intuition. Intuitu Personae est après tout des sociétés le fondement. Aujourd’hui il est capitaine de frégate et objet de désir, toujours, à chaque port.

Il en est heureux. Il accouche enfin, des autres et de lui-même, sans violence et sans effort, et même s’il ne peut pas dire qu’il n’ait pas mal, que cela ne le touche pas au plus profond, -peau tannée, coeur toujours en bataille, yeux embués, ventre retors- c’est son bon désir d’être pleinement sujet à son propre abandon.

Objet de désir, sujet à abandon…

Intermittent en entreprise. Interdépendant du vivant.