Résidence secondaire

Petit enfant il a soufflé fort-fort-fort-fort, et fait d’un ballon sa demeure. De baudruche. De ceux qui ne quittent jamais le sol. Qui ne font que rouler à terre, pour éviter leur piétinement. Et qui en souffrent, par moments…

Un ballon sans couleurs, sans éclat, presque sans souffle ni voix. Et aujourd’hui encore. Il alterne, de tout ceci l’extinction, et l’inverse par moments : parler fort, s’enflammer, virer au cramoisi soudain, les yeux exorbités pendant.

A faire peur. A en faire trop.

Alors, j’ai aimé pleurer sur lui. J’ai aimé lui faire sentir, des larmes le plus doux battement, sur, à lui, sa seconde peau. Autre chose que jadis.

J’ai aimé ne pas presser. J’ai aimé les jeux aussi : mes lèvres déformant paroi. Comme si… De ventre de mère il s’agit. Boursouflure en son monde inversé. Acte d’amour béni.

Et peu à peu sa peau à lui – celle à vif -, palpitante et si fragile, s’est faite chemin de vie. Crête à deux, de l’âme à pic.

Et elle s’est gonflée de son sang. Et elle s’est adoucie et patinée. Temps d’avant et temps d’après, tous les deux à rattraper.

Et elle crève la bulle peu à peu. Tragiquement. Tendrement. Totalement. Et va enfin…

Sauf que la fin n’est toujours pas si pressée.

Car il est si bon ! …De jouer. De caresser. De pleurer. Et d’enfin le chaud tout doucement souffler sur, d’enfance, un si joli reste, à deux.

Montgolfière à vivre et rêver.