Au coin du divan

Elle me confie :

- L’inconscient ne connait pas l’Autre. Il est intrapsychique et point. Si dans vos rêves il y a un homme, cela peut fort ressembler à un homme du passé, ce sera l’homme qui est actuel. Celui qui l’amour refuse. Celui que l’amour ne veut.

- Et comment alors l’aimer ?

- C’est parce que psychanalyse est pour vous finie en fait, que cette question reste entière. L’avenir vous appartient.

Et je l’embrasse de mes voeux.

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Elle ne veut rien. Elle ne peut rien. Mais elle m’appelle, et rien qu’à m’écouter evater, elle m’adopte, monstre et mater. Elle m’aime déjà autant qu’elle me craint. Nous allons bien travailler…

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Il s’est inscrit à l’atelier, et soudain, cette angoisse qui l’étreint et qui fabrique des mots, les mots justes et ciselés. Comme il a appris à le faire en accompagnement individuel. Ces quelques mots me parviennent sur les ondes comme un baiser : J’ai un peu peur du groupe. Est-ce que vous, vous y serez ? J’y serai et vous serez.

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Il s’amuse désormais. De ceux qui lui faisaient tant peur. Leurs petitesses lui sautent aux yeux. Et il me l’écrit par e-mail. Plume d’ange prêt à s’envoler…

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Il ne voulait pas de ce rendez-vous. Il joue avec les dates aussi longtemps qu’il le peut. Et à tant jouer et jouer, il ne veut, d’autre, plus rien. Chaque jour est jour gâché.

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Son coaching est résolu. C’est un succès inattendu. Et elle cesse les séances alors que ça travaille dur. Des pieds à la tête, un long voyage, et l’ébranlement sauvage.

En supervision alors, je m’inquiète de son sort :

-Prenez-la en psychanalyse… – est l’oracle pas si obscur. Et la prendre, est mon désir irrésolu. D’un autre âge. Débordée.

- Vous l’aimez ?

-

- Accrochez-vous aux tournants. Vous irez loin si c’est à deux.

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Il a laissé, au coin du divan occupé, les miettes de son goûter.