Dérapages

Il se couche à terre devant moi. Il aperçoit son scooter parti loin devant. Mais c’est vers moi qu’il se retourne, et il me regarde comme on regarde un tableau. Mon coeur à cessé de battre. Mes mains ont lâché le volant, pour étouffer un cri, qui, de toute façon, est aussi indicible qu’impensable, et ne peut exister donc, que dans mon silence le plus profond. Il parcourt son flanc droit. Celui qui a raclé le sol. Et il termine son geste, de courageux torero, en me rassurant de la main et de l’allure de son corps.

**

J’arrive un peu en retard. Bredouille quelques mots à propos de l’incident. – Prenez votre temps… Voulez-vous un café, un thé ? – Juste de l’eau. De l’eau qui glisse et qui endort. Comme quand j’étais enfant, et que sur mes blessures qu’il fallait taire, -d’interdits bravés le résultant-, elle était pansement.

***

On n’a pas pris la peine De se parler de nous Nos fiertés tout devant Sans pouvoir se mettre à genoux Dans nos yeux transparents Le mensonge sur nos dents Impossible de le nier Tout le corps révélé Prenons-nous la main Le long de la route Essaye, vivre la vie Glisser sans retenir… Et ZAZ !