L’autre en je

Il est responsable de l’animalerie. Habitat et nutriments pour nos préférés amis il propose en ses rayons. Mais jamais rien de vivant. Sauf de sang froid. Des poissons.

Il en possède lui même le profil. La moitié de son visage est carnage d’un naufrage que je ne saurais décrire. Et son oeil fixe surface de l’air qu’il ne traverse plus.

Son personnel, jeune et frais, est évitant et à éviter. Et c’est lui, à chaque fois, qui accueille de bon gré mes questions et désarrois en matière de vivant. De son oreille nécrosée. Aujourd’hui, mes enfants m’accompagnaient. Et l’ont approché de près. Nul « roi est nu » s’est présenté. A la place et très sensé, commentaire sur mes choix, à ceux de lui opposés.

- Pourquoi lui demandes-tu son avis si c’est pour maintenir le tien?
- Ce n’est pas ça, à priori, mais il est bien vrai que c’est cela qu’à la fin j’ai retenu. Et il ne m’a pas dit, non plus, que mon choix était mauvais. Il en ferait bien un autre, lui. Mais il n’est pas moi, et il le sait.

Et soudain « sa différence » apparaît dans le respect de ce qui est « autre en je ». Et apparence, jugement, valeur, pitié, refus, céder… restent invisibles aux yeux. Et à ceux de nos enfants. Qui plus est.