Mer au fond

Marionnette à fils il se sent. Yo-yo qui roule à même le sol.

- Si au moins je pouvais remonter le temps… Jeter aux orties empêchements.

- Que garderiez-vous plutôt ? En l’état ou à l’abandon.

- Pfffffffff… Je garderais tout. Je le sens. C’est peut-être le temps d’après qui est de trop.

- Fermez les yeux un instant…

Et ils traversent silencieux cet espace devenu grand.

- Puis-je vous poser une question ? - C’est soudain lui qui reprend. Sans ciller. Regard absent. Nuque cassée vers le ciel. Gueule ouverte de poisson.

Sans savoir, juste y songer, elle pose, sur cette bouche, ses doigts délicatement. Il ne la reposera pas, la question sur la question. Au lieu de cela il pleure. Au lieu de cela il mord. Au lieu de cela, il cesse de se nuire sans raison. Et comme si pêcheur du dimanche ne pêchait que pour le sport, il sent caresse sur lui, de bouche à squames, le frisson, l’air qui siffle à ses branchies, et retour dans son élément.

Il n’y aura pas d’autre séance. Juste par coursier un cadeau : coquillage de mer au fond.