Ombres chinoises

Il est rêveur. Il aime les profondeurs. Il plonge. Il accompagne ainsi sa vie et son métier. Mais il est aussi joueur. Il aime rire. Il jubile. Et cela, plus grand monde n’en veut. Ni dans sa vie, ni dans ses vœux. Alors, je lui demande :

- Qui t’aura longtemps longtemps empêché de jouer ? Et que ces gens autour de toi projettent si bien…

*

- Sauriez-vous m’aider ?

- Je vais vous accompagner car aider je ne sais pas.

*

-  Mais, vous êtes étrangère ?!

- Oui. Comme vous, Madame, sur Terre.

**

Elle me reçoit dans sa chambre sous les toits.
Toute la maison est sous scellé. Des bâches pendent du haut en bas de l’escalier. Et se répandent sur les murs, au visage bien lavé et de plâtre ravalé.
Sur son lit, elle me fait asseoir. Et elle fait de même, en tailleur chinois.
La lumière de son chevet nous délave et nous ravale de son éclat. Visages prennent sens et droits.
- Qu’est-ce que tu parais jeune! Dis-moi l’âge que tu as…
- Je pensais au même de toi. Quarante-deux…
- Moi, moitié de plus que toi.
Et sur ses draps de lumière, nous sommes trois jeunes femmes de vingt-et-un ans.
Ou une seule qui danse et va. De l’une à l’autre, de l’autre en soi.