Rayonnement intérieur

Il dessine, sur la paume de ma main, de son doigt d’enfant d’antan, son labyrinthe et sa peur.

- Tu vois ? En moi, je me sens comme le tronc d’un arbre. Des rayons courent de part en part, percent et traversent mon coeur. Et moi, je me fuis à cet endroit et déborde à l’extérieur. Tantôt à un bout, tantôt à l’autre, mon temps est un balancier. Refoulé d’un rien du tout. Défoulé d’un tout qui est rien…

- Pourtant, les années dans les troncs des arbres se comptent par ondes enchantées. Qui traversent tous les états, qui les relient en un seul. Ainsi, à chaque instant, dans ce que tu vis et veux, florilège de présents, rayonnement intérieur.

Si nous prenons tristesse et joie – que nous jouons de nos doigts sur les autres, en toi, chemins -, en même temps que gai ou peiné, tu seras plus ou moins seul, ou très et pas entouré, travailleur ou désoeuvré, amoureux et bien-aimé.

Et il trace, au creux de ma main, insouciant itinéraire, où se perdre sans tanguer. Où s’asseoir parmi les fleurs. Où sentir la vie passer. Ou grandir selon ses rêves.

Et c’est moi, qui caresse son doigt de la paume bosselée, de mon propre itinéraire. Et la forêt nous appelle.