Errare humanum est

Cela aurait pu être un timbre de collection, la couleur d’une chemise choisie pour la guerre, les yeux d’un amour perdu, avant de l’avoir trouvé, le choix d’un pays entier, de mettre sans plus tarder, alors que par mort suprême il se trouve libéré, le couvercle d’un beau ciel, sur une terre dévastée : terreau de l’Espagne qui est. De l’Europe en fond también

« El error azul » –l’erreur azur-, est tout cela à la fois et bien plus pour l’humanité…

Javier Lorenzo, journaliste, passionné et écrivain d’Histoire jusqu’à présent, réussit avec celui-ci, son premier roman, un bras de fer et de fleurs entre réalité et fiction, légat d’avant et du monde actuel émotion. Humanité avec un grand H et un petit h en un mot.

Quelques échos en français sur des besoins, des envies, des actes et toute une philosophie, en imparfaite et bleue traduction :

« …Yo podria vivir en un pais en que el gobierno fuera totalmente contrario a mis ideas, pero me seria insoportable vivir junto a personas que fueran totalmente contrarias a los sentimientos. »

« …Il me serait possible de vivre dans un pays gouverné selon des idées contraires aux miennes, mais il me serait insupportable de vivre auprès de personnes contraires aux sentiments. »

p.75 Besoin vital

« Cuando creia que tenia que hacer algo, Amelia lo hacia. Yo soy asi, se reafirmo mientras bajaba la cuesta a trompicones. Y no es que no sopesara los pros y los contras, qui que no viera las ventajas o desventajas de los tratos a los que por fuerza tenia que llegar con el resto del mundo, pero, a pesar de su corta experiencia, ya se habia dado cuenta de que la mayoria de los cambalaches que se le ofrecian chocaban demasiado a menudo o con su conciencia o con su orgullo ; dos posesiones por las que sentia especial estima. Y asi, cuando obraba, siempre lo hacia convencida de que entraba, como decirlo, en comunion consigo misma y de que, por muchas veces que se equivocara, jamas el yerro vendria por haberse enganado.”

“Quand elle sentait qu’elle devait faire quelque chose, Amelia le faisait. Je suis comme ça, se dit-elle alors qu’elle dévalait la pente. Et ce n’était pas faute de soupeser les pour et les contre, de ne pas voir les avantages et désavantages des accords auxquels elle devait se résoudre avec le reste du monde. Malgré sa courte expérience, elle savait déjà que la plupart des souffrances qu’elle endurait touchaient bien trop souvent au plus fragile de sa conscience ou de son intégrité ; deux acquis auxquels elle tenait spécialement. Et elle se guidait de la sorte, en cherchant à être à chaque fois, pour ainsi dire, en communion avec elle-même, et, tout en faisant beaucoup d’erreurs, ne jamais se leurrer elle-même. »

p.110 En-vie de soi

« Mas que el sexo, mas que un beso o una caricia, mas que un halago o un regalo, no hay demostracion de afecto mas intrinsecamente humana que un abrazo.»

« Davantage que du sexe, qu’un baiser ou une caresse, plus fort qu’un compliment ou un présent, il n’est pas d’expression d’affection plus profondément humaine que l’enlacement des corps. »

p.173 Au bout du bout de l’horreur la plus humaine expression

“…lo que mas nos distingue, querida nina, es la bondad. Si, la bondad. Te asombra? Ningun otro animal es capaz de sujetar sus instintos como el hombre. Ninguno se para a pensar en el animal que estrangulan y devoran. Ninguno detiene su hambre o su miedo por no querer hacer dano a otra criatura. No puedo llegar a imaginar lo que sintio el hombre que, por primera vez desde que el mundo era mundo, detuvo su lanza ante los ojos implorantes de un cervato. O de un nino. Porque tuvo que ser un nino, y solo un nino o cualquier animal apenas recién nacido, el que desperto en la fiera, en la bestia que hasta entonces era el ser humano, una llama de ternura, de compasion, de piedad. Y fue a partir de ahi que el hombre se dio cuenta que habia otros universos en su interior. De que los sentimientos eran algo inexplicable pero que, sin duda, no eran solo dolor, frio o soledad y que, en definitiva habia algo magico y tremendamente bello palpitando en su pecho. Y ahi fue, Amelita, donde por primera vez el hombre se hizo hombre.”

“…ce qui nous en différencie le plus, ma chère petite fille, c’est la bonté. Oui, la bonté. Cela te surprend ? Nul autre animal n’est capable de retenir ses instincts comme l’homme le fait. Aucun animal ne s’arrête à penser à l’autre qu’ils étrangle et dévore. Aucun animal n’est capable de mettre de côté sa faim, ou sa peur, pour ne pas faire de mal à une autre créature. Je peux à peine imaginer ce qu’a pu ressentir l’homme, quand pour la première fois depuis que le monde est monde, il s’est vu poser à terre sa lance devant les yeux implorants d’un chevreuil. Ou de ceux d’un enfant. Parce que cela a du être un enfant et un enfant seulement, ou un animal nouveau né, celui qui a éveillé dans le fauve, dans la bête qu’était jusqu’à ce moment précis l’être humain, un soupçon de tendresse, de compassion, de piété. Et c’est à partir de là que l’homme découvrit qu’il existait d’autres univers en lui-même. Que les sentiments étaient quelque chose d’inexplicable et, sans nul doute, tout autres que simplement la douleur, le froid ou la solitude. Et qu’il y avait quelque chose enfin de très beau et d’extraordinairement magique qui battait dans sa poitrine. Et c’est là, Amelita, que l’homme devint homme. »

p. 206 Leçon de tendresse par Abuela Generosa