Espoir

J’ai du mal à l’avouer, puisque j’ai consacré tant de ma carrière professionnelle à une étude rigoureuse et quantifiable des aboutissements en psychothérapie. Le paradoxe est difficile à assumer, mais plus difficile encore à éluder. L’ « art » de la psychothérapie porte pour moi une double signification : « art » par le fait que mener une thérapie nécessite l’utilisation de facultés intuitives qui ne dérivent pas de principes scientifiques, et « art » dans le sens keatsien, car la thérapie établit sa propre vérité qui trascende l’analyse objective. La vérité est une beauté dont Ginny et moi avons fait l’expérience. Nous nous connaissions, nous étions profondément touchés l’un par l’autre et nous partagions des moments splendides très rares.

1er mars 1974

Irvin Yalom dépose cet ultime secret et art premier « Dans le secret des miroirs » avec Ginny Elkin partagés. Et pour moi la vie et le travail qu’elle nous demande ne peut être que cela.

Et j’ai choisi pour titre de ce billet non celui de l’éditeur, limité, mais celui qui est incarné et aux mille couleurs de l’image de couverture Espoir II de Klimt (1907-1908). Parce que croire en ces vérité et beauté de la relation singulière, insaisissable, inexplicable, impossible, est mon ardent espoir.