La Dame des mots

Après Le grand Coeur il fallait être à la hauteur. Et cela l’a été. La Dame des mots, d’Eve Ricard, par Frédérique partagé. Et ces deux récits, d’homme et de femme, courageux – au sens d’avoir du coeur, et sur la main, – me bercent du couple parental que, pour moi, ils ont engendré.
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Extraits
« L’enfant a de sa souffrance une perception indéfinie et incompréhensible. Elle est sans limite et sans cause. Intérieure à lui et extérieure, elle n’a pas de nom. C’est cet état dans lequel on le trouve. Que faire, que dire ?… Comment ne pas douter ? »
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« Ce monde fait mal et pourtant je ne crois pas au mal. Sans cela je ne peux avancer.
Je me tourne vers l’homme qui dort à mes côtés, je me glisse doucement dans le creux de son corps. Son sommeil vient chercher le mien et je pars dans l’insolite nacelle des rêves. »
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« Je prends Andrès par la main :
- Viens, Andrès, on va lire une histoire tous les deux.
Il me suit en traînant son cartable.
- Je ne veux pas lire, je veux jouer. Je veux jouer avec les animaux.
Je le laisse décider, je veux avant tout qu’il puisse retrouver son univers de petit garçon. Qu’il puisse jouer avec innocence. Mais il invente un scénario où les animaux deviennent cruels. Ils abandonnent leurs petits, les laissent mourir de faim. La savane prend feu. Tous les animaux sauvages se retrouvent prisonniers des flammes. Ce sera leur punition. »
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La Dame des mots
Eve Ricard
Préface de Matthieu Ricard
Nil Editions
Après refus de moult éditeurs dont le suivant, au prétexte que « l’auteur n’avait visiblement rien compris aux enfants et qu’on ne faisait pas  un livre avec des bons sentiments. »
Je vous publie moi, Madame, ici, modestement…
Merci à vous de l’affront.