l’Avant et l’Après Inception

La vida es sueño est le titre original d’un classique du théâtre espagnol, La vie est un songe, écrit en 1635 par Pedro Calderon de la Barca. Cette pièce propose une réflexion sur l’illusion et la réalité, le jeu qui occupe nos vies et le songe qui défait nos jeux. La pièce est découpée en trois journées ; deux intrigues s’entremêlent. Shopenhauer lui-même reprendra à plusieurs reprises dans son oeuvre Le monde comme volonté et représentation le fulminant extrait « car le grand crime de l’Homme est d’être né… »

Voici qu’aux orées du troisième millénaire, un virtuose du cinéma fantastique, Christopher Nolan, redonne corps et vie à un criminel on ne peut plus humain dans la peau et les rêves de Leonardo Di Caprio fantasmant sur ses propres pulsions de mort avec sa Juliette en pur miroir : Marion Cotillard. Trois niveaux de descente aux enfers, ou de remontée vers les cieux, c’est selon comment on prend les escaliers du paradoxal. Deux intrigues à priori enmêlées, celle du bonheur intime et celle de la réussite économique et sociale, mais une seule blessure et une seule quête -se savoir vivant, et maître du jeu, vivant la vie qu’on désire- et un seul fil d’Ariane tout personnel : un totem. Se fier à son totem, pour démêler le vrai du faux, le réel de l’imaginé, sa main au jeu de celle des autres, en véritable objet transitionnel, longtemps, très longtemps, jusqu’à enfin l’abandonner et s’abandonner à l’illusion choisie…

 Inception est le titre original d’un classique de notre temps, et de notre monde global, Origine en tant qu’éclosion d’un événement qui va en générer d’autres en écho… jusqu’au chaos.

Non seulement nos rêves, toute notre vie, individuellement, est faite de nos projections singulières. Collectivement elles s’emboîtent, et les impacts des uns sur les autres font éclore d’autres projections nouvelles. Le grand crime de l’Homme serait-il d’être né ou d’être accompagné ?

Le lien sur Inception conduit aux lumières d’un brillant article du Monde qui en sus des origines décadentes ici citées rapporte les origines créatives de cette histoire sans fin dans le plus proche Surréalisme. L’illustration de ce billet figure le Comic lancé sur Internet en Prologue du film Inception The Cobol Job accessible par cet escalier  ///////////