Le grand Coeur

« A Florence, j’appris à faire la différence entre l’art des artisans, qui était d’un grand raffinement, et l’art des artistes, dans lequel se reflétait autre chose : le génie, l’exception, la nouveauté.

Là-bas, je fréquentai beaucoup les peintres. En les observant, je perçus clairement la limite entre les deux ordres : celui de la technique et celui de la création. En broyant leurs couleurs, en préparant les matériaux pour peindre a tempera, à fresque ou à l’huile, ils n’étaient encore que des artisans. Certains le restaient lorsqu’ils exécutaient des oeuvres convenues qui s’inspiraient de modèles bien connus. Mais d’autres, à un moment de leur création, s’écartaient de ces références, dépassaient la technique qu’ils maîtrisaient et donnaient libre cours dans leur oeuvre à quelque chose d’autre. Ce quelque chose, je le reconnaissais : c’était l’immense domaine du rêve. L’humanité tient de lui sa noblesse. Nous sommes humains parce que nous avons accès à ce qui n’existe pas. Cette richesse n’est pas donnée à tous, mais ceux qui cheminent jusqu’à ce continent invisible en reviennent chargés de trésors qu’ils font partager à tous les autres. »

Dans la chaleur d’une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie hors du commun et tente de démêler l’écheveau de son destin.

Fils d’un modeste pelletier, il est devenu l’homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre des Cent ans. Il a changé le regard sur l’Orient. Avec lui, l’Europe est passé du temps des croisades à celui de l’échange. Comme son palais à Bourges, château médiéval d’un côté et palais Renaissance de l’autre, c’est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu.

Son nom est Jacques Coeur.

Il faut oublier tout ce que l’on sait du Moyen Age et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d’un roman picaresque, la précision d’une biographie et le charme mélancolique des confessions.

Son auteur, Jean Christophe Rufin, médecin, voyageur, écrivain, a écrit les désormais classiques L’Abyssin, Globalia ou Rouge Brésil. Il est prix Goncourt 2001.

Et moi je le suis depuis bien avant, voyage avec lui dans le coeur, des hommes, et l’âme du vent.

Il sera au Divan, rue de la convention, Paris 15ème, pour un brunch-dédicace le dimanche 17 juin. Parce qu’un divan est surtout et avant tout un « recueil de poésies »…

Là où je me délasse et vit. J’y serai ! Et vous aussi ?

Et pour les artistes coachs le prochain atelier de supervision, et passer définitivement d’artisanat à création, dans leurs vrais accompagnements, ce sera « Orgueil et préjugés« , le 21 juin, à l’Atelier de l’Art de Changer.

A la séance dédicace du 17 juin au Divan, J. Coeur Rufin a aimé. Son oeuvre, en mon exemplaire, cornée. Et moi, son sourire radieux.