Quand chaos rime avec argo

Du grec ancien, khaos désigne, dans la Genèse, l’état du monde avant sa création. Il s’agit aussi, avec André, de notre mode d’intervention. Car, comment créer du nouveau sans déstabiliser l’ordre, cristallisé au plus rigide de son auto-protection ?

Nous regardons ensemble le fim ARGO : ces 6 otages hardis, ayant choisi l’Ambassade Canadienne comme lieu de répression plutôt que celle des bourreaux. Mais à un moment il faut en sortir, pour risquer de sauver sa vie. Mendez le leur expose ainsi, et eux, ils doutent de quitter leur protection même s’ils savent qu’elle est illusion. Ils en ont le sentiment…

Mendez y met le chaos. Le groupe se divise. Les peurs, et désirs, individuels font de chacun le sursaut. Et reconstruire les alliances, s’inventer des personnages, avec des facettes de soi, et un nouveau « jeu » d’acteurs. Agissants.

Avec André, nous sommes deux. Nous mettons le chaos entre nous. C’est plus « écologique » diraient d’aucuns. C’est surtout plus apprenant. Plus facile de voir « chez l’autre » ce qu’ensemble nous produisons. Puis, chacun s’individualise, et il est possible de créer et reconstruire à nouveau. Ajustement créatif, non plus ad minima mais pleinement.

C’est pourquoi André adoucit, et pose, de « chaos créatif », l’expression. Tandis que moi j’aime tant garder, de chaos perturbateur, l’élan. Et, à deux, pose et élan, conduire le changement. Y compris, l’exfiltration.