Quand les femmes payent pour être aimées

Il en était question hier soir sur M6 et le Replay peut être consulté en passant par cette autre petite lucarne : O

Payer pour se faire aimer. Pas très loin en somme de notre métier. D’autant plus que le escort se réserve tous les droits, comme dans, d’un coaching, le contrat : d’accepter la cliente ou pas, d’y mettre ses propres limites, et de cesser la relation si le cadre qu’est son bouclier n’était plus tenable enfin.

Et on y découvrait aussi bien des accompagnements ponctuels qui permettent à la cliente (Nathalie) de reconnaître son besoin de tendrement se faire aimer, et ne plus le monnayer, que d’accompagnements dans la durée, et l’alliance ainsi créée peut donner sécurité (Patricia).

Et je lisais encore hier tard et terminais ce matin « Le temps fou » de Laurence Tardieu. Et tout cela très sérré ensemble s’est tricoté. L’amour pour l’homme est son oeuvre, comme dans tout ce qu’il fait, quitte à ce que son oeuvre soit, lui-même pour lui-même sublimé. Et il n’est pas ainsi pour la femme, pour qui l’amour c’est donner. Et vivre du désir du désir de l’autre même s’il est en papier. Nous passerons et elle le sait.

Seulement avec la maturité, l’homme se rapproche de la femme, et la femme l’accueille tel qu’il est, sans plus rien lui demander. Et nul besoin de retribuer ce qui tout simplement est…

Ce sont les débuts d’un temps fou :

Je ne demande rien : pas un baiser, pas une caresse. Je pense que c’est le premier jour, la vie soudain longue, très longue et si brève, je pense que l’unique raison pour laquelle une vie vaut d’être vécue c’est l’amour, c’est une évidence soudain, la seule certitud possible, une vie sans amour ça n’est rien, ça n’a aucun sens, ça ressemble à la mort, au temps inutile et perdu, c’est la misère du corps et la misère de l’âme, on en oublie le ciel et la ligne d’horizon. Je regarde une dernière fois cet homme, je pense qu’un peu de ma chair est déjà en lui, j’ai été foudroyée par quelque chose. Je pense que ce foudroiement va continuer longtemps, longtemps.

Et le travail fou du temps…

(…) Depuis, nous étions chacun d’une infinie douceur avec l’autre, comme ceux qui reviennent de très loin et savent désormais le bonheur qu’il y a à être tout simplement en vie.