A bas les hypothèses… Vive, d’âme à âme, le lien

« Une fille superbe, jolie comme tout, intelligente, vraiment on ne peut pas imaginer que cette fille a un problème d’angoisse d’aller à l’école. (Cette) jeune fille de douze ans m’avait apporté  à la séance d’hier le certificat de décès du petit frère, une lettre remontant aux années 1980, deux ans avant qu’elle ne naisse. Je lui dis : Ca c’est le certificat de décès? Elle me dit : Oui, lisez ça surtout. Je lis, et je lui dis, quand entre son père : Oui, mais… parce que c’est bien ton frère aîné ? – et je m’écoute dire ça : ton frère aîné. Maintenant je comprends pourquoi tu ne veux pas aller à l’école. Tu ne veux pas aller à l’école parce que tu ne veux pas être la soeur aînée. Tu veux donner à ton frère sa place. Il est mort. Tu veux qu’on le reconnaisse.

(…)

Voilà. C’est impressionnant. Bien sûr, dans cette interprétation – car c’est une interprétation -, je me suis entendu nommer quelque chose, comme dans toutes les interprétations, j’ai dit « ton frère aîné ». Ces interprétations sont en général les meilleures interprétations qui surgissent chez l’analyste alors qu’il ne réalise pas ce qu’il dit. En ce sens que ce ne sont pas des choses produites par la réflexion. Mais l’analyste doit les saisir au vol pour leur donner le sens. C’est toujours une parole, qui surgit en lui, venant de l’inconscient. C’est pourquoi, je le formule ainsi : l’interprétation, chez l’analyste, c’est le retour, chez l’analyste, du refoulé du patient.

(…)

En quittant la séance, ils sont partis, le père et la fille, il fallait voir comment ils étaient enchantés et pleins de force ! Je suis sûr que ce matin cette petite fille va entrer en classe, et quand je la verrai la semaine prochaine, le problème sera probablement résolu. » – Nasio, La douleur d’aimer, et en illustration de Massarotto, la couverture qui me plait.

Et oui ! Avec les enfants, la levée du refoulé est d’immédiat effet. Avec les adultes qui viennent en coaching, si souvent en crise, de mi-vie, les couches de résistance sont armure et armature.

Mais persévérez… Fermement. En douceur. Et le bâti du fantasme cédera la place au bâti intérieur.

Et d’âme à âme, le lien.