Au coaching armé faire la peau

Je suis arrivée en avance à notre rendez-vous de coaching. Il le relève souriant et, pour une fois, je pense, au lieu de vouloir être efficace et mettre ces minutes au profit, de son projet fulgurant, il me dit : prenons-en, ce temps de trop, ce temps si inattendu et aussi petit que puissant. Envie même de long en bouche le garder très goulûment… Prendriez-vous quelque chose : café, thé, boisson fraîche ou grignotage innocent ? Et il m’entoure subtilement de son propre mouvement pour, dans le coin kitchenette, me poser face au frigo.

Bac à légumes de belles pommes débordant retient toute mon attention. Il s’en saisit de trois ou quatre et me raccompagne au salon. Sans cesser conversation, avec lui seul et moi devant, il en dessine des quartiers de chaque fruit trop imposant pour être à la bouche porté comme je suggérais alors.

- Mais non. Regardez comme c’est doux à faire et joli à voir, que d’ôter toutes ces robes, pourpre, vert, et jaune d’or, et d’ainsi faire précéder, plaisir intime des papilles, et de saveurs éclatement, de doigts posés à même la chair surprise de son abandon.

- A vif vous les mettriez donc… – à dire à mon tour je me surprends.

- Chair à vif si je découpe comme je le fis. Coeur percé si c’est vous qui maniez l’outil…

- Mais d’outils… aurions-nous besoin vraiment ? - l’estocade assurément à ce mode de coaching avec cet éclairé client.