J’ai du mal souvent, en accompagnement live, à réaliser l’équilibre dans la balance, entre croissance et développement. Porteuse d’eau*…
Cet homme d’affaires, cette femme, entreprenante et entrepreneuse, qui ont choisi coach, plutôt que coaching, puisque de leur gré ils me payent, ont tout autant besoin et envie, de connaissance de soi et développement personnel, que de remporter ce contrat à l’échéance certaine, décrocher ce marché, grimper dans l’échelle.
C’est sur un chemin de crête que je prends soin de leur âme, et que souffrance, dans leur changement, pèse. Ou que je les lâche aux fauves des joies de la réussite belle.
Sans souffrance, point de remise en question vraie et de changement volontaire. Alors, quand ils sont au fond du pire et qu’ils demandent la corde et les piolets du « faire », de mes crampons de marcheuse, je leur enfonce la tête, dans l’inconscient qui les guette.
- Qu’est-ce qui vous empêche d’en sortir à mains nues ?
- Qu’est-ce qu’il y a au fond que vous ne sauriez voir ?
- Depuis quand ? D’où tenez-vous cela ?
Cependant, lorsque les états d’âme risquent de compromettre point de passage important pour se découvrir différent , je deviens volontiers alliée. Et j’échafaude avec eux, un plan fait d’air et de papier. Conscients de sa futilité. Agir, quoi qu’il arrive. La blessure est là mais l’articulation se peut.
- Ils vous reprochent votre manque de diplomatie, en ce milieu politiquement poli ? Faites-en votre offre. Vendez-leur votre décalage. L’entraînement à la confrontation d’autrui est votre meilleure carte de voyage.
- Mais cela me rend nerveuse d’être dans cette énergie. Comment m’en protéger aussi ?
- Vendez déjà les nerfs à vif. Tissez votre toile de kill bile. Que le volcan soit en vie. Et une fois réussi, nous irons creuser en lui.
Et c’est sur l’instant que j’arbitre, et bien difficilement, entre l’une ou l’autre orientation.
Plongeons dans la souffrance… ou courage fuyons !
Et si j’ai moi-même mal au choix, et que mon choix met en difficulté le client, c’est qu’il est juste et bon. Si c’est trop facile pour lui… Pirouette et revirement ! Quitte à perdre mon client.
Car si je ne suis pas, moi-même, prête à pertes et abandon, comment pourrais-je accompagner croissance ET développement ?
« En Chine, un porteur d’eau possédait deux grosses cruches, chacune d’elle pendante aux extrémités d’une solide perche qu’il portait sur ses épaules.
L’une des cruches était fêlée, tandis que l’autre était parfaite et livrait toujours une pleine portion d’eau;
A la fin de la longue marche du ruisseau à la maison, la cruche fêlée arrivait toujours à moitié pleine. Tout se passa ainsi, jour après jour, pendant deux années entières où le porteur livrait seulement une cruche et demi d’eau à sa maison.
Evidemment, la cruche qui était sans faille se montrait très fière de son travail parfaitement accompli. Mais la pauvre cruche fêlée était honteuse de son imperfection, et misérable du fait qu’elle ne pouvait accomplir que la moitié de ce qu’elle était supposée produire.
Après ces deux années de ce qu’elle percevait comme étant une défaillance totale de sa part, un jour, près du ruisseau, elle s’adressa au porteur d’eau : « J’ai honte de moi à cause de cette fêlure qui laisse fuir l’eau tout au long du parcours lors de notre retour à votre demeure ».
Le porteur s’adressa à la cruche :
« As-tu remarqué qu’il y avait des fleurs seulement que de ton côté du sentier, et non sur le côté de l’autre cruche ? J’ai toujours été conscient de ta fêlure, et j’ai planté des semences de jolies fleurs seulement de ton côté du sentier et chaque jour, durant notre retour, tu les as arrosées. Durant ces deux années j’ai pu cueillir ces jolies fleurs pour décorer notre table. Si tu n’avais pas été comme tu l’es, nous n’aurions jamais eu cette beauté qui a égayée notre maison ».
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Pas tout à fait la même chose, mais cet article et réflexion ont été inspirés de ma séance d’aujourd’hui et d’Errances Narratives, par Pierre Blanc-Sahnoun, le post : Si le client est roi, alors le coach c’est quoi ?
