Faire co-naissance

J’ai coupé le cordon, d’un seul coup, j’ai fait le noeud du tailleur et j’ai frotté son corps avec l’eau et le sel. Le voici enfin. Je l’ai palpé entièrement jusqu’aux pieds. Je l’ai reniflé et pour confirmation je lui ai donné un coup de langue. « Tu es bien une datte, tu es plus fruit que fils. » J’ai mis mon oreille sur son coeur, il battait vite, des coups de celui qui a couru à perdre haleine. Je l’ai regardé à la faible lumière de l’étoile, pétri de mon sang et de perfection. « Tu ressembles à Iosef. » C’est ainsi que j’ai voulu le voir. « Ton père sur la terre est un homme courageux, tu lui ressembleras. » Je me suis étendue sous la couverture de peau et je l’ai accroché à mon sein.

De l’Autre, faire connaissance, toujours ainsi est, pour peu qu’on laisse être et faire : des pures sensations, animales et muettes, en soi, puis, le choix. Parmi nos semblants du semblant qu’il peut être. Et ce livre de noms, et de mères et mystères, est avant tout « le petit » du grand livre qui éveille.

Une femme a pêché, de connaissance tentée. Une femme nous sauve de co-naître et d’aimer : au nom de la mère, folio d’automne et de lui vers moi tombé.