Jeu de sorcière

Je m’attends à voir Blanche-neige endormie au milieu de la pièce tant il semble concentré et sérieux.

Comme l’Ange qui la veillerait ? – Tanakia, à mon tour, de sorcière, je vous surprends… Permettez-moi d’en dire plus long sur cette enfant.

Née du sang rouge de sa mère sur manteau d’hiver. De pomme rouge étouffée.

Est-elle dans la pièce alors ? Mais, comme vous le dites, non. Ou alors, l’urne transparente et la femme, si lumineuse, même éteinte, se perdront dans le grand blanc. Déversé par tant de verre, et en pente douce plafond…

Je la connais bien, Blanche-neige. C’est pourquoi je me permets. Comme si je l’avais faite. A partir de mon ventre, elle possède tout mon être, à chaque aube à paraître. Et à chaque orée du jour, sortie du bois pour louve hardie, je lui redonne le souffle, et le sang, et peut-être le temps d’aimer, un pas de trop.

Alors à vous je le dis.

Si une nuit j’y restais, dans le bois sauvage à vie, retournez vers l’aiguilleur du ciel, armée de courage et d’envie, et qu’il descende bien à pic. Lui seul pourrait épingler ce qui, dans mon corps de bête, d’humain il resterait peut-être. Et faire renaître l’enfant de mon âme à l’abandon sur manteau fleuri de printemps. Et que ne soit plus de livide cadavre son sort.

Que le chagrin de l’Ange soit dissous et que le sourire d’un autre enfant comme vous vous attende ainsi au bout…  Des cent marches et mille cordées de nuages libres autour.

Plaisir de me prendre au jeu, de sorcière et de dragon, ou c’est selon, de bonne fée, d’ange et projections. Et auto-psy à l’unisson. TanakiAndrEva. Cordée que j’aime. Chacun libre au vent.