Jour de rentrée : à l’école du coaching

« Pourquoi, en effet, changer quoi que ce soit, quand tout parait si bien à sa place ? »

M. Mannoni, Le premier rendez-vous chez le psychanalyste, Paris, Denoël-Gonthier, 1965.

C’était aujourd’hui notre première rencontre en groupe de supervision psychanalytique de coachs. Notre école de coaching, avec André de Châteauvieux. Et déjà, comme pour l’enfant de l’élève de Dolto, pour nous, cette question : pourquoi changer quoi que ce soit quand tout paraît si bien à sa place ?

Le coaching a trente ans. C’est un jeune homme assez réussissant, intégré, plus que jamais, éclairant. Le développement personnel est passé premier chez Maslow & Co. Alors, qu’est-ce que cette école sans murs et sans siège, de l’accompagnement ? Une école où il n’y aurait plus de « comment », de « en quoi », de « pour quoi » mais une seule question : les pourquoi de l’enfant.

Le coach hardi qu’avec André nous fréquentons plonge assez volontiers, pour lui, mais alors, il se rappelle qu’il est en supervision, et alors là, surtout pas risquer d’y faire plonger son client.

- Mais c’est régressif ! D’adulte à adulte en coaching nous traitons…

Et pourtant, la seule voie de progrès, la seule sortie de statu quo revient à revoir les ciments.

Aller dans ces pourquoi signifie de remuer, mettre en échec, accepter le chaos. Se rappeler que l’homme d’Occident n’est pas trentenaire mais vieux de sa civilisation. Et que chacun d’entre nous porte en lui l’histoire, blessures et élans.

Douloureux, ce processus de supervision, mais seulement comme les douleurs bénies d’un accouchement. Naturel effort. Et d’oser avec nos clients, passeurs de vie nous devenons.

J’ai aimé son visage, elle qui a travaillé aujourd’hui à fond, en nous quittant. Visage d’infans, sans parole, dans le « discours » en arrivant. Etre de langage, sujet entier, pas que coach, au sortir de la séance. Et ce n’est que l’amorce d’un processus en ce sens. Chaque mois : analyse et singulière création, le moi à la place de l’égo. Pour ETRE coach.

Et cette école de trop ?

« Le but de l’Enseignement n’est pas de remplir un vase mais d’allumer un feu. »

Si c’est Montaigne qui le dit, incendions.

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Nombre de coachs, issus des écoles de formation au coaching les plus respectables,  s’accordent à dire que leur véritable école de coaching a été la supervision qu’ils ont vécu avec un ou plusieurs accompagnateurs aux qualités avant tout humaines, aux reconnaissances mutuelles et au vécu singulier et assumé. Chacun peut composer son programme de connaissances en humanités et puiser aux nombreux cursus de philosophie, psychologie, histoire, linguistique et que sais-je selon affinités, mais pour accompagner, le travail sur soi-même et le compagnonnage dans l’art d’aider sont les deux seuls piliers. Avec André de Châteauvieux, à deux, nous prenons tout autant soin de vous que nous prenons acte de votre et notre métier.