Je lui confie mes doutes et mes joies en formation impartie de psychopathologie en solo. Je lui dis que je le cite. Qu’il est mon guide et ma foi. Et il balaye de la main l’importance qu’il n’a pas.
- Ce que tu donnes à ton tour et déjà rien que du « Eva »… Et c’est un tout, un plein, un beaucoup, pour ceux qui viennent à toi.
- Si, si, à mon maître je tiens – j’insiste. Mais ce qui est présent pour moi, très profondément en moi de toi, n’est pas tellement contenus, cape, épée, montera et éclat. C’est surtout ton port et l’allure de torero qui bravoure de taureau laisse au combat. Et comment tu l’accompagnes de « piques » qui sont à la fois pour lui danger et apparat.
- Je suis d’accord si estocade ne vient jamais au final. Et si torero ne brille, si taureau est l’animal.
Tu sais, entre coach qui déroule processus prêt à l’emploi, et n’a affaire qu’à des vachettes qu’il tient par les cornes à ras, et lacanien dont silence laisse le taureau enragé, ou amoureux de son vrai mal, j’invite moi à cette danse de laisser libre au taureau la « faena » qui lui va. Mais surtout ne le lâche pas. Ne manque pas l’occasion de planter chaque « banderille » à chaque fois qu’il le faut. Et que cette banderille soit de la vie la piqûre, de rappel nouvel élan. Ce n’est pas moi qui le blesse. Ce sont ses blessures à lui. Et ce sont celles qu’il lui faut. C’est la vie qu’il ne vit pas. C’est la mort qu’il méritera. Pas tout de suite. Il a le temps…
- Et comme les « toros bravos » qui exceptionnels se voient, obtenir du rond de foule agitation de mouchoirs ! Et regagner leur prairie. Et étalon poursuivre la vie. C’est cela en mon pays.
- Oui. C’est cela. Et remarque bien surtout, que si le taureau a vaincu, c’est que torero à échoué. Et c’est cela notre rôle. Le triomphe nous est étranger.
Et étrangère sur cette terre, j’aime poursuivre mon chemin.
Quel sens donner à tout cela si l’estocade ne vient jamais ?
Il faut que quelque chose meurt … toujours.
Que serait le coach s’il n’est pas préparé à cela ?
La responsabilité que j’assume, et c’est sans doute la seule, c’est bien une mort annoncée. Mes croyances et mes certitudes, et les siennes resteront dans le sable de l’arène, mouillé de sueur et de larmes, sinon de sang.
L’estocade vient, à la jointure des épaules, percer le cuir et traverser les chairs, et dans le quart de la moitié d’une seconde, pas encore mort mais plus tout à fait vivant, un temps suspendu à la pointe d’acier effilée qui se fraye dans les muscles et les os, sa propre voie, ignorant les artères et les nerfs, la vie et la souffrance, tête chercheuse délivrant son message funeste, l’air parlant avec feu à la terre et à l’eau, pour finalement déchirer le cœur, l’exposer au soleil du grand midi, faire entrer profondément la lumière de la vie dans cet espace intime.
Oui. Et, ce qui meurt… n’était pas vie mais paresse.