Mars et Vénus par André et Eva sur rapport ICF couchés

A l’heure où les coachs se perdent en modélisations de consultants, en régressions juste jouissives, en croyances culturelles figées et les remplacer par d’autres croyances qui figeront l’avenir ouvert (TCC dominent la profession), André et moi même avons osé une danse folle et une bataille rangée. Entre nous, tout ce temps, tout le long du processus vivant se dépliant entre notre élan d’intervenants à la journée-étude ICF à Lille, Masculin Féminin – La danse des polarités, et jusqu’à la tenue même de l’événement.

Y aller tels que nous sommes, lui, moi-même et en ce trou noir que nous sommes ensemble, et avec le prétexte d’une question originelle 6 là où nous sommes tous sans détour -, émergences pour chacun. En un temps contenu, juste comme un fil d’Ariane impossible à tisser en l’instant, canevas résurgent, tapisserie à poursuivre sa vie durant pour ceux qui aimeront.

Et voilà comment cela a le grand mérite d’être par Catelijne Clotour en synthèse de journée rapporté.

Mars et Vénus sur le divan

Dès la présentation de l’atelier, André de Châteauvieux et Eva Matesanz donnent la tonalité de ce jeu de ping-pong bienveillant entre le masculin et le féminin. Sur le mode de la complémentarité bien comprise, André manifestement à l’aise avec son féminin, Eva ancrée dans le masculin mais tout en douceur. Pour entrer dans le vif du sujet sans tarder – masculin et féminin allongés de concert sur le divan – la question est posée aux participants : quelles sont les figures, masculines ou féminines, qui ont eu le plus d’impact sur votre histoire ? Quelles influences avez-vous intégrées, dans le contexte familial ou en-dehors ?

L’approche est plutôt sympathique : un petit cercle de participants inscrit dans un grand cercle, pour simuler l’intimité du divan. Emergent alors, au sein du cercle restreint, des réponses personnelles aux questions posées sans ambages par les deux coachs, lesquelles ne laissent forcément pas indifférentes les personnes formant le grand cercle. Même si la question reste générale, les échanges font remonter des émotions. Puis l’exercice se poursuit deux par deux – même question pour tout le monde.

Les deux coachs se laissent prendre au jeu, démontrant de cette manière leur mode de fonctionnement professionnel en duo – leurs masculin-féminin respectifs entrant dans la danse ou dans le duel. Tandis que les binômes se prêtent à l’exercice, les deux animateurs reconstituent le petit cercle avec d’autres volontaires qui souhaitent « aller plus loin ». Avec cet avertissement de précaution : il se peut que « vouloir gratter encore » relève d’une stratégie d’évitement…

A chaque fois, André et Eva donnent à chacun un « fil à suivre pour soi-même », de manière à lever un éventuel obstacle pour aller vers du nouveau. Au grand cercle, ils apportent ensuite du grain à moudre à partir de ce qui a été travaillé dans le cercle restreint, en veillant à protéger l’intimité de ce qui a été dit. Le plus souvent, l’exercice a provoqué quelques prises de conscience, notamment à travers l’observation du mode de fonctionnement du couple parental : mon père incarnait-il le modèle masculin ou féminin ? Et ma mère ? La danse des polarités était-elle équilibrée entre eux ? Quelle influence a-t-elle pu avoir sur moi ? Pour certains participants, les instances ont pu être inversées.

On peut dire que l’atelier – introduction ludique de la psychothérapie dans le coaching – est allé au cœur de la thématique de la journée, l’accompagnement des coachs eux-mêmes offrant alternativement aux participants du féminin (la protection de l’intime) et du masculin (la confrontation).

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Retranscription formelle et sensible tout autant. Merci à Catelijne, et à Laure. Pour ma part, rajouter seulement, un éclaircissement respectueux du cadre de référence. Si dans l’originel nous demeurons, loin de développements postérieurs et sociétaux -  agressivité mâle (ad gressere en tant qu’aller vers), accueil féminin (acceptation d’où l’on vient) -, c’est « le père qui protège » et « la mère qui nourrit » permettant ainsi notre développement et notre construction psychique au plus bas âge, qu’il s’agit de retrouver. En nous et pleins. Pour déconstruire et reconstruire là où cela aujourd’hui peut être plus souple et adapté.

De surcroît, la relation entre « eux » : car protéger est de la mère nourricière séparer, et nourrir est du père protecteur sevrer… Equilibre retrouver. Entre soi et soi désormais.

Puis coaching et thérapie… Nos clients d’aujourd’hui le savent mieux que nous qui figeons le métier dans le coaching de performance ou de RPS, du même pendant outré : être accompagné vraiment est de se réparer et se recréer, en présence d’un tiers.

Retenez bien le choix du mot tiers… vous, vous serez déjà deux si vous avez bien retenu l’atelier.