Passage à l’acte

Elle prenait le chemin des ordres. Elle laissait le chemin des fleurs. Emmurée… Puis, il a croisé son chemin, et dans ses bras le fruit en elle a, un instant, vacillé.

Il est reparti avec son miel. Et elle enfin femme se sent, encore davantage que fleur. Et elle en pleure, pleure et pleure, auprès d’autres hommes, pour qui, au plus féminin d’elle, le mystère affleure. Docteur lui fournit la drogue. Psy sonde dans sa tête et barre au coeur sa défaite. Père et frère dont elle est soeur la regrettent.

- Et moi qui étais d’elle le coach, - me confie-t-il en supervision – j’ai autant peur de la perdre que de trop à moi la gagner… Je l’aide à poser des actes. Puis je la laisse aux autres.

- Cessez cette tournante enfin !

- Tournante ! C’est symbolique comme choix de mot ?…

- C’est une tournante. Que des hommes autour d’elle. Et vous prenez chacun de vous votre petit plaisir sur elle. Et ne lui donnez que du petit lait et davantage de misère.

Elle est femme enfin. Et davantage que, d’amour, chagrin elle ressent sa puissance inespérée. Et son désir qui se gonfle. Et l’hystérie qui la tient. Elle est loin de la dépression ! Du creux. Elle est plutôt écume et vent. C’est juste ce vertige-là qu’elle appelle angoisse, culpabilité, abandon.

Pourrais-tu lui ouvrir grand tes bras et lui demander d’y rester davantage qu’un instant ? Pourrait-elle te choisir et se choisir ainsi ? Expérimenter avec toi l’espace, au plus intime et plus vasre, et le temps suspendu et profond, d’une réparation…

Bride son hystérie par ton obsession et d’âme à âme lâche l’envol.

- Cela sonne juste, et cela me fait du bien en dedans. Je pourrai l’accompagner ainsi. Sans peur. A dos d’oiseau…

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