Si l’humain a un sens, il est dans chaque visage

Si l’humain a un sens, il le trouve dans l’appel que lance un visage à un autre. Si le visage a un rapport à la vision, il est pourtant ce qui déborde la représentation, la “chosification” comme dit Sartre, qu’opère le regard. «C’est lorsque vous voyez un nez, des yeux, un front, un menton, et que vous pouvez les décrire, que vous tournez vers autrui comme vers un objet. La meilleur façon de rencontrer autrui, c’est de ne pas même remarquer la couleur de ses yeux!» écrit Lévinas.

«Le visage est signification, et signification sans contexte. (…) Je veux dire qu’autrui dans la rectitude de son visage,  n’est pas un personnage dans un contexte… Le visage est sens à lui seul. Toi c’est toi. » Toi tais toi, j’aime à dire, moi. Et que s’exprime l’âme qui va…

« En ce sens, on peut dire que le visage n’est pas « vu ». Il est ce qui ne peut devenir un contenu, que votre pensée embrasserait; il est l’incontenable, il vous mène au-delà. C’est en cela que la signification du visage le fait sortir de l’être en tant que corrélatif d’un avoir. Au contraire, la vision est recherche d’une adéquation; elle est ce qui par excellence absorbe l’être. Mais la relation au visage est d’emblée éthique. Le visage est ce qu’on ne peut tuer… »

Face à face, en silence, à l’oeuvre est le lien. Et c’est comme cela que j’aime accompagner. Et me faire pardonner de, des fois, caresser la joue. Prendre et donner…

Extraits commentés de l’oeuvre d’Emmanuel Lévinas, Ethique et Infini, pages 79-90