Statue de rue

 

 

En ton absence

Je plie mes yeux

Je plie mes ailes

Je plie mes doigts et ma langue

Pour que rien ne s’y échappe

Par interstices une seconde

De ce que tu y déposes

 

Par instants et quand tu oses

 

En ta présence

Poussières retiennent les plis

De pierre et verre

Le plus libre et fragile en moi

S’alourdit

 

Longtemps, long temps infini

 

Et tu passes la pulpe de tes doigts ci et là

Et tu caresses de ta langue de poète mon état

Et tu pleures et déploies tes plumes d’ange

Déchu

Je t’ai reconnu

 

Dans tes boucles rebelles mon nez j’enfouis

 Je reprends souffle

Je reprends forme

Je reprends source

Je reprends homme

En moi

Qui déplie avec soin

Ce que je ne suis pas

 

 Statue de rue

 

Rue qui va nulle part…