Fleurs de peau sont nos odeurs

Fleurs de peau.

Sont nos odeurs.

Et nos corps les cultivent et exhalent pour nous faire mélanger. Dans l’air tout au moins. Au plus, à l’ultime frontière de nos peaux renversées. Goût de l’autre. Saveurs cuisinées.

D’abord une note de façade. Celle de nos parfums d’apparat : verveine, jasmin, cédrat.

Puis, une mélodie se dessine sous nos esquives félines.

Mais raisons qui séparent sont abymes, puisqu’entourées des douces collines de nos corps offerts aux vents. Ils échangent messages sioux. Conviennent de leur propre plan :

Sonate et fugue au clair de lune. Fantaisie sur piano. Blanches touches. Graves accords. Ceux qui libèrent le fer de notre sang sous la peau.

Passé le goût du métal, bouquet d’odeurs et saveurs éclatant : musc de femme, tanins masculins si présents, amandes et miel partagés, sels des larmes, voiles poivrés. Et puis, ce ténu je-ne-sais-quoi qu’ils créent éphémère à deux. Impossible. Au préalable inexistant. Et pourtant. Huile essentielle au vivant. Si petit battement d’ailes. Souffle de vie lancinant.