Indécis

Il a fermé ses yeux. Et il sent le souffle, d’elle, et sa chaleur, près de lui. Mais il n’est déjà plus d’ici. Et pas tout à fait endormi.
C’est le moment qu’elle choisit. Pour fermer ses yeux aussi. Et cils contre cils, sa main sur les cheveux de lui, user du dialecte des songes pour lui dire l’indécis.

- Tu sais, Amour, dans nos rêves, le temps, n’existe plus. Chacun est lui-même en soi. Nos âges se mélangent entre elles, et non lieux guident nos pas. Alors, peut-être bien que la nuit, tu pourrais – si tu le désires aussi -, te retrouver aujourd’hui, tel que tu étais jadis. Avant de contacter la peur. Avant de te cacher l’envie. Un tout petit enfant qui aime, jusqu’à l’air qui l’envahit. Jouissance première et cri.

Et ce matin, dans ses bras c’est elle, qui dort, et lui qui sourit.

*

*