Prison de lumière

« Les hommes n’aiment évidemment pas les prisons ; ni rien de ce qui limite leur vie. Ils n’aiment pas non plus les frontières ni les contraintes que leur impose la brièveté de leur vie, ni celles que leur impose la physique. Aussi, toute l’aventure humaine est-elle faite de tentatives d’évasion : ainsi, l’homme vit-il de plus en plus longtemps, connaît-il la terre entière, a-t-il appris à voler, et explore-t-il l’univers.

Seulement voilà, il a rencontré, à sa grande surprise, il y a un siècle, une prison qu’on lui dit indépassable : selon la théorie de la relativité, élaborée en 1905, il ne pourrait jamais aller plus vite que la vitesse de la lumière dans le vide. Plus précisément, lorsque l’on accélère des protons ou des électrons, leur vitesse s’accroît de moins en moins et n’atteint jamais celle de la lumière. Et même si c’est une limite fort lointaine, elle est, pour l’homme, intolérable.

Ainsi faut-il comprendre l’importance du résultat obtenu par hasard au Centre Européen de Recherches Nucléaires à Genève : (…) les neutrinos ont voyagé plus vite que la lumière.

Fascinante hypothèse, qui ouvrirait, si elle était confirmée, bien des avenues. D’abord pour résoudre certaines énigmes majeures de la science d’aujourd’hui, qui font douter des théories actuelles (…).

Ensuite, peut-être, pour échapper un jour à l’ultime prison, la mieux gardée : celle de la causalité, qui interdit à tout événement de se produire avant sa cause. Et qui rend impossible de voyager dans le temps, ni en avant, ni en arrière. Laissant la prédiction, pour longtemps encore, rester  l’activité la plus fascinante de l’humanité.

L’article complet est sur le blog de Jacques Attali.