Eté indien au jardin des délices

Moi, ici, vague à l’âme. Toi, au loin, signe indien.

Envie d’ôter toutes ces plumes et de redescendre au jardin.

Eclatants les géraniums,

brillent de mille-et-un feux.

Ils vont s’éteindre et rien ni personne

ne pourraient leur en empêcher.

Entretemps ils se donnent,

sans compter.

Face à eux les deux dernières roses,

et la branche qui ploie,

plus qu’elle ne tient,

leur simple et légère beauté.

Elles ne se regardent pas.

Elles se sentent.

C’est encore mieux.

A leurs pieds, enfouies dans l’ombre,

des clochettes,

minuscules,

touches violettes,

regardent le soleil en face,

toujours sans que l’astre roi,

daigne descendre si bas.

A moi de lever le regard,

à l’abri de l’arbre rouge.

Et tout est blanc,

derrière le sang.

Non. Pas tout.

Une fois balayées les larmes,

une fois le regard habitué,

voici qu’il semble reapparaître

un tout petit coin de bleu.

Et ce coin, je l’éspère, tu le vois,

presque en même temps que moi…

C’est l’été qui reviendra.