Intim-été

Il s’est réfugié dans le jardin, à l’arrière de la maison. Les enfants jouent à l’avant. Profitant des derniers jours du divan fait pour l’été, il feuillette un livre de chroniques, qu’il laisse de suite de côté pour me voir arriver. Il ne s’en défait que des yeux, car il m’en parle sans transition : - Il va bien te plaire, ce bouquin. Il croque ce qui se passe autour « comme toi tu sais le faire ».

Je souris, l’embrasse en douceur et le laisse à son livre offert. Je monte prendre aussi ma douche après le jeu, comme lui l’a fait. De la fenêtre je le vois. Et c’est lui que j’ai envie de croquer encore une fois. Il s’est tourné de côté « comme seulement lui sait le faire » et il revâsse alangui.

J’aime ce dessin sur son âme qu’est sa peau.

Et j’aime encore plus que tout,

cette âme qui crève en dessous.

Il s’émeut en lisant ensuite ce que j’écris et affiche ici. Il est autant heureux que gêné : - C’est tellement narcissique ! Il me fait rire et dès que je ris, il est tout simplement heureux. Et il me fait ce qu’il appelle un aveu : - En réalité tes chroniques sont aussi justes que celles de ce livre et de bien d’autres, mais elles ont quelque chose d’indéfinissable en plus…

C’est peut-être ce qui fait qu’on aime, -c’est ce qu’on m’écrit et c’est ce qu’on me dit, pour ceux qui me rencontrent. Aimer, c’est le mot qui revient, et moi je réponds :

Et vous ?

Vous laissez-vous aimer aussi ?