Sous le rond du ciel

Il aimait regarder les étoiles. Et il aimait me regarder aussi.

Avec ce regard clair et franc, sans détour, fait d’amour.

Il était doué de ses mains.

Il me nourrissait.

Il me portait.

Il me construisait des cabanes sur les toits. Et là haut et en son creux, à la nuit noire, il me laissait tomber de très haut de grande lunette qui était son cadeau et fierté.

- Regarde sur Lune monts et vallées… Regarde Vénus qui sait tant l’aimer ! Et regarde tout ce beau ciel constellé… où nous perdre à jamais.

Il avait juste 15 ans. Moi de raison je naissais. Et il me demandait en mariage pour être sûr de nous et de loin.

Ce furent des jours de vacance. Ce furent tendres amours d’été.

Je sais qu’il est toujours aussi beau. Et je sais que de ces mains il sait, aujourd’hui en plus soigner. Le mal qui dans ma gorge de son étreinte est resté, il le répare aussi bien sur d’autres gorges égarées. Embuscade qui le tient.

C’est lui qui voulait que je l’attende en grandissant. C’est lui qui n’a pas attendu de rester avec moi enfant. Et c’est moi cette fois qui nous porte un pas plus loin en écrivant cela. Sous le rond du ciel renaissance et au-delà.