Et à l’entre-nous s’exposer

De mes rencontres en groupe – de pairs dans l’accompagnement, et d’impairs dans la création – j’avais dessiné la portée, qui musicale apparait, puis en est venu l’attrapeur, de rêves et de calumets. J’avais au pinceau de soie mes caresses débuté, et maigre et gras mélangé. J’en suis plutôt aujourd’hui, pleinement à couteaux tirés, et à gras sur gras, et mes doigts bien enfoncés, au creux de vague et marée, sous la lune détraquéés.

Et sous le titre de « Rencontres » je vais ces travaux exposer, parmi les peintres amateurs de ma Chevreuse Vallée, à l’ancienne mairie de Saint Rémy le dimanche 6 février. Et je renomme mes toiles : Ciel, Terre et Mer. Partout où la rencontre se fait, ou plutôt des trois en feu.

Je ressens aujourd’hui que la rencontre se tient en toute authenticité à la ligne de partage des eaux, entre flux et reflux de la mer, là où elles ne savent plus très bien si venir ou si se laisser aller. Entre vague hors d’haleine qui sa course finirait, et qui s’en va retourner exactement par là d’où elle vient, et celle qui, déferlante, lui refuse de passer : viens encore et mieux à deux !

L’endroit nous est bien connu, quand enfants nous y enfoncions, à ce point précis, les pieds. Dans le sable et dans la mer. Et ressentir cette lutte et nous y laisser bercer, et aussi parfois violenter. Moi j’y laissais toute ma tête, je n’écoutais que mon coeur. Et surtout ne perdre miette de tous ces petits grains de sel, sur ma peau tendre fouet.